Le 16 janvier, il a été question de …

 

 

En préambule, Daniel donne des informations sur deux lieux d’échanges à Bourbon l’Archambault :

- « Aux tours du livre », aux pieds de la forteresse : un café-librairie dans lequel se déroulent régulièrement des animations autour d’ouvrages philosophiques – le 2ème dimanche de chaque mois de 17 à 19h -, littéraires – le 3ème vendredi de 17 à 19h -, mais aussi musicales et artistiques : un espace d’exposition-vente artisanat est réservé aux artistes et artisans locaux et africains (Mali). Par ailleurs, il y a un important rayon nature-écologie-environnement-développement durable, mais aussi tourisme, histoire locale, cuisine voyages…

- un groupe d’ »amoureux des mots et des beaux textes », qui se réunit depuis le mois de septembre le 3ème dimanche de 17 à 19h chez M. Devulder, aux Bruyères d’Hates : partage de coups de coeur sur des thèmes définis, comme l’amitié en février.

 

Nadine ouvre la séance avec Le roi des Aulnes de Michel Tournier, un spécialiste de la civilisation allemande. Une écriture fabuleuse, ciselée. Un mélange de féerie, de poésie et d’horreur en parallèle, quand le personnage principal, un anti-héros, dénonce pendant la seconde guerre mondiale le nazisme, les camps : il se retrouve en porte-à-faux …Une multitude de symboles… Mais une lecture ancienne… Ouvrage à lire, voire à relire pour la prochaine séance?!

Flore, angliciste, qui aime le théâtre, évoque une représentation théâtrale du roi Lear (1604), drame de Shakespeare, toujours d’actualité, qui a été ransposé dans l’univers des années 1920… elle éprouve beaucoup de plaisir à relire Sophocle, Eschyle

Flore aime aussi la poésie… Elle nous parle de la poète américaine, Emily Dickinson ( 1830 – 1886 ), qui a vécu en recluse, et était en contact avec le monde extérieur seulement par le biais de lettres adressées aux personnages importants de l’époque : elle était connue dans son microcosme.  Cette femme, très érudite, évoque dans ses poèmes – publication posthume – ses recherches autour des thèmes du vide, de la mort, de la religion, dont elle s’est détachée après avoir été élevée par des parents très croyants; mais aussi sur le fragment, le petit rien. Dans son écriture symbolique, musicale, l’exploration des corps prend une tonalité scientifique à travers le vocabulaire de la chirurgie. Si ses ouvrages sont un peu onéreux, ils sont disponibles dans des bibliothèques. Daniel évoque La dame blanche (2007, éditions Gallimard, collection l’un et l’autre), une biographie écrite par Christian Bobin…

Josette  brosse d’abord un tableau des lectures en chantier : Pêcheur d’Islande de Pierre Loti, et le parcours de son auteur depuis la visite de sa maison et de sa ville natales, Rochefort sur Mer, depuis l’exposition au musée anne de Beaujeu à Moulins; mais aussi La belle ténébreuse de Maryse Condé – elle aime bien les univers romanesques permettant de découvrir un pays, ses coutumes -, Louison ou l’heure exquise (1987) de Fanny Deschamps… Puis, elle évoque sa re-lecture du Petit Prince… placée sous le signe de la surprise dès l’introduction : ce conte, philosophique, n’est pas seulement destiné aux enfants : il s’adresse également aux adultes; des éléments réels comme les boulons, mais surtout des symboles comme la fleur, les épines sont des symboles qui suscite des retours en arrière : Josette reste ébahie, admirative face à ccet imaginaire, à cette écriture… Autre ouvrage à relire pour la prochaine séance ?!?! quelle interprétation en fait chaque lecteur? Comment s’y projette-t-il?

Daniel enchaîne sur le dernier film de Mike Leigh, Another Year (2010) – retenu dans la sélection  du festival ciné de Télérama en janvier -, tourné sur le mode de l’improvisation : pas de scénario préalable , les acteurs créent le film avec le metteur en scène… Bien que non remarqué à Cannes en mai dernier, Philippe Meyer vient de le recommander dans son émission, « Le bien public », sur France-Culture… L’intrigue donne à découvrir, au fil de quatre saisons, en commençant par le printemps, le quotidien d’un couple de sexagénaires, en apparence hyperheureux – lui est géologue, elle conseillère psychologique – et de leurs rencontres avec des amis paumés, comme Ken, le boulimique, ou Mary, secrétaire, la cinquantaine, paumée, qui trouve refuge dans l’alcool : elle tombe amoureuse de leur fils … Parmi tous les personnages, elle est le fil conducteur. A la question de Josette – faut-il y voir un peu d’optimisme ou plutôt du pessimisme dans cette étude de comportements?  Daniel opte pour la première proposition : la fin est une scène d’anthologie….  Daniel est encore sous le choc, mais aussi le charme de cette thérapie implicite au cours de l’année évoquée à travers une relation d’amitié; cette histoire incité à réfléchir sur l’impact de la porosité de la frontière entre vies professionnelle et privée, quand on est psychologue, et au regard que nous portons les uns sur les autres, aux liens que nous pouvons lier avec nos voisins quels qu’ils soient…

La mort est mon métier (1952) de Robert Merle – biographie de Rudolph Hess, renommé Robert Lang- est un vieux coup de coeur de Daniel, qui entre en écho avec Les bienveillantes (2006) de Jonathan Littel. Le lecteur découvre un camp de concentration selon le point de vue de son chef; Qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné on devient… ???? Dans la même veine, Daniel fait référence à Nationalistes et nationaux – 1870 – 1940 (1974) de Henri Guillemin, qui présente les deux branches Wendel de part et d’autre de la frontière ; dans la Ruhr et en Moselle.

Il enchaîne avec un panorama de publications récentes: le dernier Houellebecq, La carte et le territoire (2010), une somme d’érudition, sur le monde des avocats, un bouquin de journaliste; Apocalypse bébé de Virginie despentes, prix Renaudot 2010, qu’il trouve très fort. Un roman policier dans la lignée de La constance du jardinier (2001) du romancier britannique John Le carré. L’histoire d’une jeune fille paumée sur un fond d’amitiés particulières entre femmes, des services secrets qui enquêtent sur des organismes humanitaires pas très clairs…

Parmi les derniers coups de coeur de Daniel figurent :

- Infrarouge (2010 ) de Nancy Huston, qui, selon lui, plaît aux hommes. La relation aux hommes ‘une féministe intelligente, témoignant d’une grande ouverture d’esprit : elle compatit à leur situation, à la fragilité de leur situation depuis que les femmes ne se trouvent plus dans une dépendance matérielle, depuis qu’ils sont dépossédés de leur pouvoir éducatif sur les enfants… Le débat s’est engagé, cet angle de vue n’étant pas forcément partagé…

- Asile de fous de Régis Jauffret, prix Fémina 200. L’histoire d’un fils qui entretient une relation dont la mère estime qu’elle a assez duré et qui envoie son mari chercher les affaires chez la copine : elle a prêté son fils assez longtemps! Les liens mère-fils, selon Françoise Héritier, sont plus forts qu’entre mère et fille. Une situation présentée à quatre voix. Toujours les enfants d’une mère, pas forcément d’un père, qui n’a aucun pouvoir affectif, éducatif, le lien ne se créant pas dès le début. et le débat reprend en vigueur… Daniel avance les thèses de Christiane Olivier, Caroline Eliacheff, deux psychanalystes françaises, pour lesquelles la surprotection du fils par la mère entraîne la dépendance… et un problème majeur : une frustration intolérable…

- Les petits de Christine Angot, qui vient de paraître le 12 janvier, présenté lors de l’émission « Radio libre » de 15h30 à 17h, le samedi sur France-Culture : des enfants esclaves… Le discours lui a plu… Et le débat s’anime… Nadine se dit un peu gênée : la société est en mouvement constant, il est difficile pour un père ou une mère de se situer; les femmes portent un nouveau regard sur la maternité, le droit au travail. C’est difficile : on n’est pas l’enfant de… l’enjeu est d’arriver à se situer… il faut sans cesse chercher l’équilibre… Le débat rebondit avec le suicide des jeunes, des hommes jeunes – problème social numéro un , qui ne peuvent s’identifier au parent du même sexe… Matière à réflexion…

 

Voilà pour ce cinquième rendez-vous du CultureS-café, qui se délocalisera pour la prochaine rencontre : la M.J.C de Cosne d’Allier lui ouvre ses portes le dimanche 13 février (exceptionnellement, il aura lieu le deuxième dimanche)

 

 

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