Reflets des échanges le 17 octobre …

            Le premier temps des échanges a pour thème les réécritures. Isabelle présente un auteur belge, Dominique MAES, qui se définit comme un raconteur d’histoires.

           Monstres, son deuxième recueil de nouvelles pour adultes (mai 2009, éditions Luce Wilquin), a été l’objet d’une conférence-lecture lors du salon « Donner à lire » au centre Athanor de Montluçon, les 9 et 10 octobre 2010. Dans « Barbe Bleue », l’imaginaire du lecteur est fortement sollicité ; si l’aspect symbolique de la clé entachée de sang a été repris, l’aspect érotique est fortement développé. Dominique Maes transforme un conte merveilleux en nouvelle à chute…Dans ce recueil, plusieurs nouvelles ont pour thème la sexualité, la sirène subit une transformation singulière, de nombreux monstres sont plutôt masculins…

           Dans le premier recueil de nouvelles, Personnages, (septembre 2007), Isabelle choisit de nous lire le début d’ « Oscar », exercice de style autour de deux personnages, l’amoureux et la caissière, et de la notion de point de vue…

           Son prochain recueil évoquera des histoires d’amours…

          Dominique Maes est d’abord un auteur / illustrateur de littérature jeunesse. Dans son  roman Mémoires d’un ours en peluche (éditions Alice jeunesse, 2007 ; illustrations de Claude K. Dubois), le lecteur découvre les tribulations de ce personnage éponyme auprès d’une petite fille, qui l’offre plus tard à sa propre fille…

           Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez vous connecter sur son site : http://www.dominiquemaes.net/

          Dans la foulée de ce premier thème est abordée la question des modes de lecture des contes de fée – ou contes merveilleux… A un niveau littéral, ce que nous avons fait plus jeunes ; la fin heureuse rassure les enfants par rapport aux questionnements qu’ils peuvent avoir… En prenant en compte la dimension symbolique, qu’annonce, par exemple, la moralité très claire du « Petit Chaperon Rouge » dans la version de Charles Perrault…

           Des expressions familières sont alors évoquées, comme « Elle a vu le loup ! » Mais d’autres textes réclament une lecture à plusieurs niveaux : des paraboles de la Bible, telles que celle de « la tour de Babel ». Ou des chansons pour enfants, qui peuvent présenter des vérités éternelles, comme « A la claire fontaine… » ; Erwan apporte deux albums, The classic fairy tales et the Oxford nursery rhyme books…

           Ce thème des modalités de lecture réclame un plus long débat : décision est prise d’en faire un des enjeux de la rencontre du 21 novembre, à partir de 14h30. Après avoir lu, par exemple, « Le petit Chaperon bleu marine» dans Contes à l’envers de Philippe Dumas et Boris Moissard (1977, Ecole des Loisirs), Un conte peut en cacher un autre de Roal Dahl, ou/et consulté l’ouvrage de Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées (1976, Robert Laffont) ou celui de Vladimir Propp, Morphologie du conte (1928. Seuil, 1970). Qui s’est, par ailleurs intéressé à la dimension sexiste des contes de fées ? demande Mélinda.

           Dans un domaine différent, Claire évoque une trilogie, avec laquelle elle a le sentiment de vivre depuis qu’elle l’a découverte il y a trois ans. Elle nous lit le début d’un chapitre, une série de questions, réflexion sur le temps, entres autres ; puis un élément de réponse, p. 76, à l’interrogation : « Quand ma vie va-t-elle prendre son envol ?» L’auteur, Neale Donald Walsch, était présentateur de radio aux Etats-Unis , quand un accident de voiture a ruiné son entreprise et provoqué une crise profonde dans sa vie ; il est devenu l’auteur de nombreux livres, à l’écriture simple, dans lesquels il partage ses dialogues intérieurs, qu’il présente également lors de conférences. Il aborde toutes les religions, il n’en a aucune à vendre : le libre-arbitre humain est le sujet central de sa trilogie Conversations avec Dieu. Son leitmotiv : être acteur de sa propre vie, du changement par la pensée, la parole et l’action. Point de discussion : mais alors pouvoir invoquer Dieu ? Paule évoque le très fort sentiment de déculpabilisation ressenti à la lecture : il s’agit d’expériences que peut vivre tout un chacun. Un lien est tissé avec les ouvrages de Jacques Salomé, évoqués le 19 septembre. On peut penserau Neveu de Rameau de Diderot où Moi entre en dialogue avec Lui…

           Dans la page de remerciements, Neale Donald Walsch fait référence à Richard Bach, auteur entre autres de Jonathan Livingston,  le goéland, histoire métaphorique écrite en 1970, et à Robert A. Heinlein, écrivain américain de science-fiction engagé, dont l’influence sur l’imaginaire nucléaire et spatial américain a marqué l’histoire technique de la seconde moitié du XXème siècle. Paule évoque la lecture d’un de ses romans, Terres en enfer, dans lequel un extraterrestre qui arrive sur terre ne comprend rien à ce qu’il voit – comme dans Les Lettres persanes de Montesquieu

 Retour à l’écriture romanesque.

           Mélinda évoque L’attente du soir, premier roman de Tatiana Arfel (Editions José Corti, 2009), qui l’a marquée : trois personnages, trois histoires parallèles qui finissent par se rencontrer et s’imbriquer…

           Josette nous parle de Maryse Condé, auteure guadeloupéenne, dont les romans sont empreints de son vécu en Afrique, par exemple dans Ségou ; le premier tome, les murailles de la terre (Robert Laffont, 1984), propose dans un contexte d’introduction de l’islam, une saga familiale, ses déchirements, la place et le rôle des hommes, des femmes…

           Enfin, Paule fait référence à un article de Tahar Ben Jelloun, « 34 centimes la minute », paru dans Le Monde le 11 octobre, page 26. Les répondeurs téléphoniques, « tapez 1, tapez étoile, etc. », une grande machine à sous, vecteur de déshumanisation, qui entraîne la perte de notre essence, de notre personne..

            Voilà… La rencontre se construit à partir des ouvrages apportés, des échanges, des débats…

           Et vous, de quel ouvrage, de quel auteur auriez-vous envie de parler avec d’autres autour d’une boisson, d’une portion de gâteau ? Par exemple le dimanche 21 novembre de 14h30 à 17h…

            Pour clore ce moment d’échanges, nous avons regardé une comédie avec Laurel et Hardy…

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